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Quelques heures seulement après le déluge qui a submergé Dakar et sa banlieue ce lundi 5 octobre 2026, une menace invisible et redoutable commence à planer sur les populations sinistrées. À Keur Massar, épicentre de la catastrophe, les inondations ont provoqué l’effondrement et le débordement de milliers de fosses septiques. Résultat : les rues se sont transformées en cloaques où l’eau de pluie se mélange aux eaux usées et fécales. Les enfants qui pataudent dans cette boue toxique ignorent qu’ils s’exposent à un péril mortel. Face à la stagnation de ce cocktail insalubre, les médecins et agents de santé locaux tirent la sonnette d’alarme : le risque d’une épidémie fulgurante de choléra et de maladies hydriques est désormais imminent.

Inondations à Keur Massar : le cauchemar des fosses septiques

Dans les quartiers non lotis et les zones basses de Keur Massar, la situation sanitaire a franchi le seuil critique. La nappe phréatique, déjà affleurante, a totalement saturé les sols. Les fosses septiques traditionnelles et les latrines de fortune, construites à la hâte dans de nombreuses concessions, n’ont pas résisté à la pression des eaux pluviales. En s’éventrant, elles ont libéré leur contenu putride à l’air libre.

Le spectacle est insoutenable et les odeurs nauséabondes irrespirables. Partout, des mares d’eaux stagnantes aux reflets jaunâtres recouvrent les ruelles, les cours d’école et les seuils des maisons. Les autorités sanitaires locales craignent que la contamination des rares forages et puits traditionnels encore utilisés par certains ménages ne déclenche une flambée de cas de diarrhées aiguës, de typhoïde et, par-dessus tout, de choléra, une affection bactérienne hautement contagieuse qui peut s’avérer fatale en quelques heures en l’absence de prise en charge rapide.

Prévention : comment éviter les maladies hydriques

Face à l’urgence de la situation sanitaire, les services de l’Action sanitaire et sociale, en collaboration avec les équipes de terrain de l’ONAS (Office National de l’Assainissement du Sénégal), tentent de coordonner une réponse d’urgence. Des demandes massives ont été formulées pour le déploiement prioritaire de camions hydrocureurs et de pompes de refoulement afin de vider les zones les plus saturées. Cependant, les voies d’accès étant impraticables, l’intervention des secours mécaniques s’avère extrêmement difficile.

En attendant des actions d’envergure, les médecins exhortent les populations à observer des consignes d’hygiène strictes pour éviter le pire. Voici les gestes barrières immédiats à adopter rigoureusement :

  • Interdiction absolue pour les enfants de jouer dans les eaux de pluie : C’est la consigne numéro un. Les flaques et les torrents de boue sont de véritables bouillons de culture pour les bactéries et les parasites.
  • Traitement systématique de l’eau de boisson : Utiliser de l’eau de Javel (à raison de quelques gouttes par litre selon les recommandations officielles) ou faire bouillir systématiquement l’eau avant consommation. À défaut, privilégier exclusivement l’eau en bouteille ou en sachet scellé.
  • Lavage rigoureux des mains : Se laver les mains au savon et à l’eau propre (ou à défaut avec une solution hydroalcoolique) avant de manger, après chaque passage aux toilettes et au retour de l’extérieur.
  • Protection des aliments : Conserver les aliments dans des récipients hermétiquement fermés à l’abri des mouches et des insectes vecteurs de germes, et consommer uniquement des repas bien cuits et chauds.
  • Désinfection des ustensiles : Laver régulièrement la vaisselle avec de l’eau propre additionnée d’eau de Javel.

En cas d’apparition de symptômes suspects — tels que des diarrhées liquides abondantes semblables à de « l’eau de riz », des vomissements répétés ou une déshydratation rapide —, il est impératif de se rendre immédiatement au centre de santé le plus proche. La prise en charge précoce est la seule clé pour stopper la propagation de la maladie et sauver des vies dans cette banlieue dakaroise en détresse.

Sources et références

  • Constats et alertes des médecins et comités de santé locaux de Keur Massar — 5 octobre 2026.
  • Rapports épidémiologiques et consignes de prévention de la Direction de la Prévention (Ministère de la Santé).
  • Directives de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) sur la gestion de l’eau et de l’hygiène en situation d’inondation.
  • Points de situation de l’Office National de l’Assainissement du Sénégal (ONAS) sur les interventions d’urgence.

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