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La recomposition de l’échiquier politique sénégalais s’accélère à mesure que s’approche la date du scrutin. Alors que le parti au pouvoir, le Pastef, a choisi de faire cavalier seul en annonçant une liste propre pour les élections législatives anticipées du 17 novembre 2026, l’opposition traditionnelle tente de se réinventer. L’ancien Premier ministre Amadou Ba, battu au second tour de la dernière présidentielle, vient de officialiser la création d’une grande coalition d’union regroupant l’Alliance pour la République (APR), les irréductibles de Benno Bokk Yaakaar (BBY) et plusieurs mouvements alliés. Objectif affiché : présenter un front uni et massif pour reprendre le contrôle de l’Hémicycle.

L’union sacrée pour contrer la stratégie solitaire du Pastef

L’annonce de cette vaste alliance intervient dans un climat de forte fébrilité politique. La décision du Pastef de rejeter toute coalition pour aller seul aux urnes avait semé la panique dans les rangs des anciens alliés de la majorité présidentielle, un temps menacés d’isolement. Face à ce péril électoral, Amadou Ba a mené ces dernières semaines des tractations intenses dans les coulisses de Dakar pour fédérer des ego souvent fracturés par la défaite de mars 2024.

En parvenant à sceller cette grande coalition, l’ancien chef du gouvernement s’impose comme le pivot incontesté de la reconstruction de l’opposition. Lors d’une déclaration conjointe aux côtés de plusieurs figures de proue de l’ancien régime, Amadou Ba a insisté sur la nécessité de dépasser les querelles de chapelles pour offrir une alternative crédible aux Sénégalais. « L’heure est au rassemblement de toutes les forces républicaines et démocratiques pour préserver l’équilibre des institutions et faire barrage à la dérive hégémonique », a-t-il martelé, ciblant directement la gestion du pouvoir en place.

Un attelage hétéroclite face au défi de la crédibilité

Si la constitution de cette grande coalition redonne des couleurs aux partisans de l’ancien régime, elle n’en soulève pas moins de nombreux défis stratégiques et programmatiques. L’APR, lourdement touchée par le départ de certains cadres et le désamour d’une partie de l’électorat urbain, doit prouver qu’elle a su tirer les leçons de sa défaite historique à la présidentielle.

De surcroît, la cohabitation au sein de cette nouvelle bannière de personnalités aux ambitions présidentielles affirmées et aux sensibilités parfois divergentes nécessitera des arbitrages serrés lors de la confection des listes d’investiture. Le partage des circonscriptions et des places éligibles s’annonce comme un exercice périlleux, chaque parti allié cherchant à préserver son poids politique local. Amadou Ba devra faire preuve d’un grand sens de la diplomatie interne pour éviter que les ambitions individuelles ne sapent la dynamique collective avant même le début de la campagne.

Un scrutin aux allures de plébiscite ou de sanction

Avec l’officialisation de cette grande coalition menée par Amadou Ba d’un côté, et le choix d’une liste solitaire et offensive du Pastef de l’autre, les législatives du 17 novembre 2026 prennent la tournure d’un duel au sommet. Pour l’exécutif, ce scrutin servira de plébiscite pour valider ou rejeter la politique de transformation systémique impulsée depuis l’élection de Bassirou Diomaye Faye. Pour l’opposition emmenée par Amadou Ba, c’est l’opportunité ou jamais de rebondir, de s’emparer de la majorité à l’Assemblée nationale et de limiter la marge de manœuvre du pouvoir.

La campagne électorale s’annonce d’une rare intensité, transformant chaque département du pays en champ de bataille politique. La capacité de l’ancien Premier ministre à mobiliser au-delà du noyau dur de l’APR sera le véritable baromètre de la vitalité de l’opposition dans le Sénégal d’aujourd’hui.

Sources et références

  • Déclarations officielles d’Amadou Ba et des instances dirigeantes de l’Alliance pour la République (APR) – Septembre 2026.
  • Communiqués des partis et mouvements politiques coalisés en vue des élections législatives anticipées.
  • Analyses de la presse politique sénégalaise sur la recomposition de l’opposition et de la majorité.

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