Le bras de fer politique autour du projet de loi de finances rectificative (LFR) franchit une nouvelle étape critique à l’Assemblée nationale du Sénégal. Alors que le groupe parlementaire majoritaire Pastef-Les Patriotes annonçait poursuivre ses discussions avec l’Exécutif pour lever des désaccords budgétaires persistants et acter le report de la séance plénière initialement prévue ce vendredi 23 octobre, l’opposition parlementaire est sortie de son silence. Par la voix d’Abdou Mbow, député et membre éminent de la commission des finances, le groupe Takku Wallu Sénégal dénonce fermement ce qu’il qualifie de démarche unilatérale et d’atteinte caractérisée au règlement intérieur de l’institution parlementaire.
Tensions à l’Assemblée nationale : la mise au point du groupe Takku Wallu Sénégal
Dans une déclaration publique destinée à éclairer l’opinion nationale et internationale, Abdou Mbow a apporté un démenti catégorique aux assertions laissant entendre une démarche inclusive de l’ensemble des forces politiques représentées à l’Assemblée. « Mes collègues et moi, membres du groupe Takku Wallu Sénégal, n’avons ni de près ni de loin participé aux négociations dont parle le groupe parlementaire Pastef », a martelé le parlementaire. Cette mise au point vise à récuser tout sentiment de consensus ou de co-construction autour des arbitrages budgétaires en cours entre la majorité et le gouvernement.
Pour le groupe Takku Wallu, la gestion du texte budgétaire rectificatif ne saurait faire l’objet de négociations à huis clos ou d’ententes partisanes restreintes. En recadrant le débat, l’opposition entend marquer sa démarcation nette vis-à-vis des décisions prises par le camp présidentiel et réclamer un respect strict du principe de pluralisme au sein des instances de travail de l’Hémicycle.
Procédure budgétaire et règlement intérieur : une suspension jugée illégale par l’opposition
Au-delà du démenti politique, c’est sur le terrain du droit parlementaire et de la régularité des procédures que la contestation se fait la plus vive. Abdou Mbow remet frontalement en cause la légitimité de la décision ayant conduit au report des travaux de la commission des finances et de la plénière. Selon le député de l’opposition, l’Assemblée nationale est une institution républicaine régie par des règles d’organisation strictes qui ne sauraient être contournées ou soumises au bon vouloir d’une seule formation politique, fût-elle majoritaire.
Selon l’analyse juridique défendue par Takku Wallu, un groupe parlementaire — même majoritaire — ne dispose d’aucune prérogative légale lui permettant de s’exprimer au nom d’une commission permanente pour décider unilatéralement de suspendre, d’interrompre ou de reporter ses travaux. Qualifiant la décision d’« illégale » et dénuée de tout fondement juridique dans le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, Abdou Mbow souligne que de telles prérogatives relèvent exclusivement du bureau de la commission ou de la conférence des présidents.
Alors que Pastef argue de la nécessité de transmettre des documents complémentaires et d’approfondir les consultations avec le ministère des Finances avant le passage en plénière, cette levée de boucliers de l’opposition annonce un durcissement des débats. Le groupe Takku Wallu Sénégal a d’ores et déjà annoncé qu’il reviendrait plus en détail sur cette affaire à travers une déclaration élargie dans les prochains jours, ouvrant ainsi une crise procédurale majeure au cœur de l’examen du budget rectificatif.
Sources et références
- Déclaration officielle d’Abdou Mbow, député et membre du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal — 21 octobre 2026.
- Communiqué du groupe parlementaire Pastef-Les Patriotes sur l’état des négociations de la Loi de Finances Rectificative (LFR).
- Règlement intérieur de l’Assemblée nationale du Sénégal (articles relatifs au fonctionnement des commissions permanentes et de la Conférence des présidents).