C’est un tournant historique pour la sécurité routière au Sénégal. Face à la recrudescence alarmante des accidents de la route et à l’incivisme persistant sur les axes routiers du pays, l’État passe à la vitesse supérieure. Entrée officiellement en vigueur en ce début de semaine du 6 octobre 2026, la réforme du permis à points redéfinit totalement les règles du jeu pour les automobilistes. Finie l’époque des arrangements informels ou des simples amendes forfaitaires sans lendemain : chaque infraction au Code de la route se traduit désormais par un décompte rigoureux de points. Une épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête de chaque conducteur, qui risque ni plus ni moins de perdre son précieux sésame en quelques incivilités.
Le barème des infractions du nouveau permis à points
Doté d’un capital initial de 12 points lors de l’obtention ou du renouvellement, le nouveau permis de conduire sénégalais est soumis à un barème de retraits proportionnel à la gravité des infractions commises. Les forces de l’ordre (police et gendarmerie), désormais équipées de terminaux électroniques connectés au fichier national des permis, constatent et enregistrent les infractions en temps réel.
Voici le détail du barème des points perdus selon les infractions les plus courantes :
- Usage du téléphone portable au volant (ou port d’écouteurs/oreillettes) : Retrait de 3 points. Une infraction devenue l’une des causes majeures d’inattention sur les routes dakarois.
- Excès de vitesse (de 20 à 40 km/h au-dessus de la limite autorisée) : Retrait de 3 points.
- Excès de vitesse (plus de 40 km/h au-dessus de la limite) ou récidive : Retrait de 6 points.
- Non-port de la ceinture de sécurité (conducteur ou passagers) : Retrait de 1 point par personne non attachée.
- Franchissement d’une ligne continue ou non-respect d’un feu tricolore (griller un feu rouge) : Retrait de 4 points.
- Conduite en état d’ivresse ou sous l’emprise de substances prohibées : Retrait de 6 points (assorti d’une suspension immédiate et de poursuites judiciaires).
- Défaut de visite technique ou roulage avec un véhicule présentant des défaillances majeures : Retrait de 2 points.
- Circulation en contresens ou dépassement dangereux : Retrait de 4 points.
Lorsque le solde du permis atteint zéro point suite à l’accumulation d’infractions, le document est invalidé de plein droit. Le conducteur se voit notifier une interdiction de conduire et doit repasser l’intégralité des examens du permis de conduire (code et conduite) après un délai d’attente réglementaire.
Comment récupérer ses points perdus ?
La réforme n’est pas seulement punitive ; elle se veut également incitative et pédagogique. Des mécanismes permettent aux conducteurs prudents ou soucieux de racheter leurs erreurs de reconstituer leur capital de points :
- La récupération automatique par bonne conduite : Si le conducteur ne commet aucune infraction pendant une période de deux ans consécutifs suivant sa dernière infraction, son capital de points est automatiquement réinitialisé au maximum, soit 12 points. Ce délai est ramené à un an pour les infractions mineures (entraînant un retrait d’un ou deux points).
- Les stages de sensibilisation et de sécurité routière : Un conducteur ayant perdu des points peut volontairement participer à un stage de formation à la sécurité routière dispensé dans un centre agréé par le ministère des Infrastructures et des Transports. Ce stage, d’une durée de deux jours, permet de récupérer jusqu’à 4 points sur son permis, dans la limite du plafond initial de 12 points, et ce, une fois par an.
Pour les automobilistes sénégalais, le message est on ne peut plus clair : la route n’est plus un espace de non-droit. Le respect strict du Code de la route devient une obligation vitale pour conserver son droit de conduire.
Sources et références
- Ministère des Infrastructures et des Transports : « Guide officiel de la réforme du permis à points au Sénégal », communiqué et plaquette d’information, octobre 2026.
- Décret présidentiel et arrêté interministériel portant application du nouveau Code de la route informatisé.
- Direction des Transports Routiers : « Modalités de gestion du fichier national des permis de conduire ».