L’intégration économique et la résilience climatique dans la zone transfrontalière du bassin du fleuve Sénégal franchissent une étape financière décisive. L’Assemblée nationale mauritanienne a ratifié, ce mardi, un projet de loi autorisant la signature d’un accord de prêt d’un montant de 50 millions d’euros (environ 32,8 milliards de francs CFA) contracté auprès de l’Institut espagnol de crédit public (ICO). Selon les informations rapportées par le média Sahara Media, ce financement concessional est intégralement destiné à mettre en œuvre le Projet de résilience et de développement communautaire dans les zones riveraines du fleuve.
Des conditions financières préférentielles accordées par l’Espagne
Présenté devant la représentation parlementaire par le ministre des Finances, assurant également l’intérim au ministère des Affaires économiques et du Développement durable, ce crédit d’État à État s’inscrit dans le cadre de la coopération stratégique entre Nouakchott et Madrid. Les termes de l’accord prévoient des conditions financières particulièrement préférentielles, adaptées aux impératifs de soutenabilité de la dette publique :
- Maturité de l’emprunt : Une durée de remboursement étalée sur 30 ans.
- Différé d’amortissement : Une période de grâce initiale fixée à 5 ans.
- Taux d’intérêt : Un taux concessionnel avantageux fixé à 1,42 %.
Ce montage financier permettra aux autorités mauritaniennes de déployer des investissements structurants sans peser excessivement sur les équilibres budgétaires à court terme, tout en garantissant un flux de liquidités stable pour la conduite des travaux de terrain.
Adaptation climatique, infrastructures et cohésion sociale riveraine
Le bassin du fleuve Sénégal, partagé entre la Mauritanie, le Sénégal, le Mali et la Guinée, constitue une artère vitale pour l’agriculture, l’élevage et la pêche artisanale, mais subit de plein fouet les effets de la variabilité climatique, des inondations récurrentes et de la dégradation des sols. Le programme d’investissement financé par l’Espagne vise à doter les collectivités territoriales frontalières d’infrastructures de base et de services publics intégrés.
Outre le renforcement des capacités d’adaptation climatique des producteurs locaux, le projet financera des ouvrages de désenclavement et de connectivité pour faciliter l’acheminement des récoltes vers les marchés régionaux. À travers ces interventions ciblées, Nouakchott ambitionne de consolider la résilience économique des communautés riveraines, de prévenir les tensions liées à l’accès aux ressources naturelles et de promouvoir une cohésion sociale durable dans cette zone géographique hautement stratégique.
Sources et références
- Rapports de séance et procès-verbaux de l’Assemblée nationale de la République islamique de Mauritanie — Octobre 2026.
- Dépêches et comptes-rendus du média régional Sahara Media.
- Déclarations officielles du Ministère des Finances et des Affaires économiques de Mauritanie.